SABBATHIER, François.

Né en 1735 à Condom (Gers)

Compilateur. Sabbathier étudie chez les oratoriens de Condom. De 1762 à 1778, il est professeur en classe de troisième au collège de Châlons-sur-Marne. Un ouvrage sur L'origine de la puissance temporelle des papes lui fait attribuer un prix par l'académie de Berlin en 1763, et lui acquiert la protection du duc de Choiseul. Il rédige alors des ouvrages de compilation et fonde une papeterie. Mais, ruiné, il doit se retirer dans un petit bourg près de Châlons, où il se livre à l'étude. En 1795, il obtient une aide financière de la Convention, et il est compris dans la liste des asssociés de l'Institut. Sabbathier est aussi secrétaire perpétuel de l'académie de Châlons. Il décède en 1807 près de Châlons.

Outre son Essai sur l'origine de la puissance temporelle des papes (La Haye, 1764-1765), il a laissé un Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques grecs et latins (Châlons, 1765-7815) en 37 volumes avec des planches, un Manuel des enfants, ou Maximes des hommes illustres de Plutarque (Paris, 1769), Moeurs, coutumes et usages des anciens peuples (Châlons, 1770), traduit en allemand, un Recueil de dissertations sur divers sujets de l'histoire de France (Châlons, 1770), et Exercices du corps chez les Anciens (Paris, 1772).

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SABLÉ, Magdeleine de, née DE SOUVRÉ.

Née en 1599 en Touraine.

Femme d'esprit. Femme d'honneur de Marie de Médicis, elle est mariée très tôt avec le marquis de Sablé. Très belle femme, elle a plusieurs aventures pendant sa jeunesse. Parvenue à l'âge mûr, elle tient un salon précieux où l'on rencontre la duchesse de Longueville, Voiture, La Rochefoucauld, et bien d'autres. On apprécie son esprit et ses belles manières. Devenue vieille, madame de Sablé se retire à l'abbaye de Port-Royal, où elle meurt en 1678.

A sa mort sont publiées les maximes que lui ont suggérées les conversations tenues dans son salon, et sa correspondance.

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SABLIER, Charles.

Né en 1693 à Paris.

Homme de lettres. Charles Sablier est fils d'un contrôleur des trésoriers de la maison du roi, et à l'issue de ses études, il est placé chez un procureur ; mais il est surtout attiré par la littérature. Plus tard, il travaille pour la Compagnie des Indes. À cinquante ans, il obtient la protection du duc d'Aumont en même temps que la charge de précepteur de son fils aîné, et il peut alors se consacrer entièrement à l'écriture. Sablier est, en outre, rédacteur du Journal du soir. Il disparaît en 1786 à Paris.

Sablier a écrit : Oeuvres de M*** (Paris 1761), qui contient des traductions de Goldoni, Variétés sérieuses et amusantes (Paris 1764), Traduction libre d'un choix de lettres de Sénèque (Paris 1770), Essai sur les langues en général, sur la langue française en particulier, et sa progression, depuis Charlemagne jusqu'à présent (Paris 1777, 1781), un poème sur la mort de Voltaire, dont il était parent éloigné, et un abrégé de l'histoire des juifs depuis la destruction de Jérusalem ; on conserve aussi de lui des ouvrages lyriques et dramatiques restés manuscrits (trois opéras, une comédie et deux tragédies).

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SABOUREUX, Charles François.

Né vers 1725.

Traducteur. Saboureux est avocat au parlement de Paris, et en 1755 il est agrégé à la faculté de droit. En 1762, il obtient la faveur du Dauphin, en lui exécutant une traduction des Constitutions des jésuites. Il publie aussi une Traduction d'anciens ouvrages latins relatifs à l'agriculture et à la médecine vétérinaire (Paris 1771), pourvu de notes, et reprenant des ouvrages de Caton, Varron, Columelle, Palladius et Végèce. Mais la carrière littéraire de Saboureux est interrompue par la mort du dauphin Louis, en 1765. Saboureux, lui, disparaît en 1781 à Paris.

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SACY, Antoine Isaac SILVESTRE de.

Né en 1758 à Paris.

Orientaliste. Dès la création, en 1795, de l'Ecole des langues orientales, de Sacy y est nommé professeur d'arabe, puis professeur de persan au Collège de France. Plus tard, il est nommé recteur de l'université de Paris et secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il est en outre député et pair de France. Il est à l'origine des études arabes en France, il étudie le copte et participe au déchiffrement des hiéroglyphes. Il décède en 1838 à Paris.

Silvestre de Sacy a publié des études sur les Arabes, les Druzes, la Perse, ainsi qu'une grammaire arabe.

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SAINTE-CLAIRE DEVILLE, Charles.

Né en 1814 dans l'île Saint-Thomas (Antilles)

Géologue. Après des études à l'Ecoles des mines de Paris, Sainte-Claire Deville voyage, en particulier aux Antilles, aux Canaries et aux îles du Cap-Vert. En 1857, il entre à l'Académie des sciences, et enseigne la géologie au Collège de France, en tant que suppléant d'Elie de Beaumont. Il fonde l'Observatoire météorologique de Montsouris à Paris, dont il est le premier directeur. Ses recherches sur les volcans fondent sa notoriété dans le monde scientifique. Sainte-Claire Deville meurt en 1876 à Paris.

Il a laissé des publications sur ses voyages, sur les éruptions du Stromboli, sur les phénomènes météorologiques aux Antilles et sur les variations périodiques de la température.

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SAINT-GENIS, Auguste Nicolas de.

Né en 1741 à Vitry-le-François (Marne)

Magistrat. Après des études au colège de Vitry, Saint-Genis est formé aux mathématiques à Reims. En 1762, il est nommé commissaire des guerres, mais la paix met fin à cet emploi. Il étudie alors le droit et devient avocat en 1766. Trois ans plus tard, il entre à la Cour des comptes comme auditeur. Lorsque la Révolution survient, il se retire à la campagne. Il rédige une vaste encyclopédie des lois, s'intéresse à la physique, la chimie, l'agriculture, la botanique, aux sciences naturelles. Il est cité par Cuvier dans ses Recherches sur les ossements fossiles. Saint-Genis disparaît en 1808 à Pantin (Seine-saint-Denis).

On doit à Saint-Genis une Défense des droits du roi contre les prétentions du clergé de France (Paris, 1785), des mémoires dans les Annales de l'agriculture de Tessier, et une Collection des lois françaises en 1800 volumes.

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SAINT-GEORGES, Jacques François GROUT de.

Né en 1704 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)

Marin. De Saint-Georges embarque à seize ans pour la Compagnie des Indes. Plus tard, en 1734, il entre dans la Marine royale, devient capitaine de vaisseau. En 1747, escortant des navires marchands de la Compagnie des Indes, il tient en échec dix-sept vaisseaux anglais près de la côte nord-ouest de l'Espagne. Nommé chef d'escadre en 1761, il est chargé de défendre l'île de France et l'île Bourbon (de nos jours, respectivement île Maurice et île de la Réunion) contre les Anglais. En 1762, il est envoyé pour soutenir l'imam de Mascate (sultanat d'Oman). Il meurt en mer, en 1763, dans le canal de Mozambique.

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SAINT-JULIEN, Louis Guillaume BAILLET, baron de.

Né vers 1715 à Paris.

Critique d'art. On sait peu de choses de la vie de cet homme, si ce n'est que sa famille était d'origine bourguignonne. Dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle, il écrit sur la peinture, compose en prose et en vers, et traite même des sujets de technologie.

L'oeuvre de Saint-Julien comprend des Réflexions sur quelques circonstances présentes, contenant deux lettres sur l'exposition des tableaux au Louvre, cette année (1748), un Discours en vers, et autres poésies (Genève et Paris, 1749, 1751), une Épître nouvelle sur l'amour du plaisir et de la gloire (1750), une Lettre sur la peinture, par un amateur (Genève 1750), une Lettre à M. Ch. (Chardin) sur les caractères en peinture (Genève 1753), La peinture, ode, traduite de l'anglais, de Milord Telliab (Baillet à l'envers) (1753), La peinture, poème (1755), des Satires nouvelles, et autres pièces de littérature (Londres et Paris 1754), des Oeuvres mêlées (1758), la Manière d'enluminer l'estampe posée sur la toile (Londres 1773) et L'art de composer et faire les fusées, pluies de feu, serpenteaux, etc. (Paris 1775, 1780).

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SAINT-LAURENT, Louis Joseph Auguste Gabriel.

Né en 1763 à Dunkerque (Nord)

Général. Saint-Laurent entre dans l'artillerie en 1781 avec le grade de lieutenant. Il fait, sur mer, les campagnes de 1782 et 1783, puis, sur terre, est attaché aux armées des côtes de l'ouest et d'Angleterre, puis à l'armée du Rhin. Sous le Consulat, il dirige l'école de Rennes. En 1803, il est général de brigade, et en 1807 général de division. Jusqu'en 1808, il prend part aux campagnes de la Grande Armée, et à celle d'Espagne en 1812. L'année suivante, Saint-Laurent est en Italie, où il permet à la France de conserver le matériel d'artillerie qu'elle y possède. Enfin, il est mis à la retraite en 1814. Il a été fait baron en 1810. C'est en 1832 qu'il décède, à Saint-Mandé (Val-de-Marne).

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile.

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SAINT-RAMBERT, Gabriel de.

Né dans le courant du 17ème siècle à Pontarlier (Doubs)

Philosophe. Saint-Rambert est issu d'un famille noble originaire du Bugey (Ain). Il fait partie des pages du marquis de Léganès, gouverneur du Milanais, et le suit en Italie. Il y étudie, entre autres disciplines, les mathématiques. Enrôlé dans les troupes espagnoles, il participe à plusieurs campagnes en Italie, en Flandre et en Alemagne. Le prince d'Arenberg, gouverneur du Hainaut, qui protège le poète Jean-Baptiste Rousseau, et qui correspondra avec Voltaire, fait de Saint-Rambert l'intendant de ses domaines dans les Pays-Bas. Le philosophe écrit ses Nouveaux essais d'explications physiques du premier chapître de la Genèse (Utrecht 1713), ouvrage dans lequel il tente de démontrer la compatibilité de la Bible avec les idées de Descartes. Il meurt en 1720, aux Pays-Bas.

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SAINT-YVES, Charles.

Né en 1667 à Maubert-Fontaine (Ardennes)

Oculiste. D'une famille attachée à Mademoiselle de Guise, Saint-Yves entre dans la vie monastique chez les Lazaristes de Paris en 1686. Il y est employé dans la pharmacie, étudie la médecine et la chirurgie, et se spécialise dans les maladies des yeux. Le succès de ses consultations fait affluer des malades de tout le royaume. Dévoué, Saint-Yves soigne gratuitement les pauvres, procure un logement aux provinciaux. En 1711, il quitte la maison de Saint-Lazare pour s'installer chez son frère aîné, rue Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. En 1715, il recrute un jeune élève en chirurgie nommé Léoffroi, dont l'adresse et le caractère lui plaisent au point qu'il fait de lui son légataire universel et qu'il l'autorise à porter son nom. Saint-Yves disparaît en 1733 à Maubert-Fontaine.

Il a publié un Nouveau traité des maladies des yeux (Paris,1722 et 1767), traduit en anglais et en allemand.

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SALES, Louis de.

Né en 1577 à Brens (Ain)

Diplomate. Louis de Sales étudie les lettres et la philosophie au collège d'Annecy. Gouverneur, en 1603, du château de Montmélian (Savoie), il sert la diplomatie du duc de Savoie en Suisse. Il conduit les négociations de Dôle (Jura) qui mettent fin au conflit qui oppose la Savoie à l'Espagne (1616). Spécialiste des fortifications, il remet en état celles de Dôle, et défend la ville contre les Français en 1630. Il écrit aussi une tragédie et un ouvrage pour l'instruction de la noblesse. Il est frère de saint François de Sales. Il s'éteint en 1654 au château de Sales (Haute-Savoie).

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SALIÈS, Antoinette de, née de SALVAN.

Née en 1638 à Albi (Tarn)

Femme de lettres. Veuve à trente-quatre ans d'Antoine de Fontvielle, seigneur de Saliès, elle se consacre aux lettres. Elle rassemble en son domicile les beaux esprits de sa province, et forme en 1704 une académie qu'elle nomme Société des chevaliers et des chevalières de la bonne foi et qu'elle définit ainsi :

Une amitié tendre et sincère,
Plus douce mille fois que l'amoureuse loi,
Doit être le lien, l'aimable caractère
Des chevaliers de bonne foi.

Dès 1689, celle qu'on nomme la muse d'Albi est admise dans l'académie des Ricovrati de Padoue, et reçoit les félicitations de lettrés, parmi lesquels Charles Patin et les époux Dacier. Antoinette de Saliès garde son amabilité et sa vivacité d'esprit jusqu'à sa fin, en 1730, à Albi.

Elle a laissé un roman historique, La comtesse d'Issembourg (Paris, 1678), traduit en allemand et en italien, des Réflexions chrétiennes, des Paraphrases sur les psaumes de la pénitence, en vers français ; des pièces en vers et en prose, insérées dans le Mercure de 1679 à 1704, des lettres et des poésies dans La nouvelle Pandore de Vertron et dans d'autres recueils.

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SANÉ, Jacques Noël.

Né en 1754 à Brest (Finistère)

Ingénieur maritime. Sané entre comme élève à l'arsenal de Brest en 1769 et progresse jusqu'au grade d'ingénieur. Il apporte des améliorations aux navires de guerre qu'il construit, dont les Anglais eux-mêmes reconnaissent la supériorité et adoptent les modèles. En 1793, il obtient la charge de directeur du port de Brest, et prend part à l'organisation de la flotte de la jeune république, commandée par Villaret de Joyeuse. En 1800, Sané entre à l'Institut, et il est nommé inspecteur général du génie maritime. Il disparaît en 1831.

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SANSAC, Louis PRÉVOT de.

Né en 1486 à Cognac (Charente)

Militaire. Familier des Montmorency, Sansac défend, en compagnie du connétable, la ville de Mézières, en 1522. L'année suivante, il est envoyé en Italie, et se fait remarquer par son intrépidité. Fait prisonnier à Pavie, il réussit à s'évader et à rentrer en France, et rencontre la reine-mère Louise de Savoie, qui lui confie la mission de porter ses lettres à son fils François Ier retenu prisonnier. En remerciement, il est nommé maître d'équitation puis gouverneur des fils du roi. Sous Henri II, il reprend du service dans l'armée et suit Charles de Cossé-Brissac en Piémont (1551). Nommé lieutenant du maréchal Strozzi, qui commande les troupes françaises dans le pays de Sienne (1554), Sansac oblige l'adversaire à lever le siège au bout de huit mois. Henri II aussi le fait gouverneur de ses enfants. En 1562, à la bataille de Dreux, Sansac, alors maréchal de camp, est blessé pour la première fois. À 76 ans, il quitte l'armée et se retire à Cognac, où il meurt, en 1566.

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SANS-MALICE, Martin, dit AKAKIA.

Né à la fin du 15ème siècle à Châlons-en-Champagne (Marne).

Médecin. Il est reçu docteur en 1524 à Paris, et change son nom en sa traduction grecque d'Akakia. Il enseigne la médecine à l'Université de Paris, et est nommé en 1530 lecteur au collège royal que François Ier vient de fonder. Il est l'un des médecins du roi, et il représente l'université au concile de Trente en 1545. Il disparaît en 1551.

Sans-Malice a traduit et commenté, de Galien, De ratione curandi (Paris, 1538 - Venise, 1547 - Lyon, 1551), et Ars medica quae est ars parva (Paris, 1543 - Lyon, 1548 - Venise, 1549 - Bâle, 1549). Il a écrit des Consilia medica et deux livres sur les maladies des femmes, De morbis mulieribus libri duo.

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SANTERRE, Jean Baptiste.

Né en 1658 à Magny-en-Vexin (Val d'Oise)

Peintre. Formé à Paris par Boullongne l'aîné, Santerre étudie la perspective et l'anatomie et s'attache à rechercher des couleurs inaltérables : à force d'observation, il en vient à n'utiliser que cinq couleurs, à faire sécher ses tableaux au soleil et à ne les vernir qu'au bout de plusieurs années. Il est admis à l'Académie de peinture en 1704, et s'éteint en 1717 à Paris.

On doit à Santerre une Suzanne au bain (Louvre) peinte pour sa réception à l'Académie ; une Sainte Thérèse en extase, commandée par Louis XIV pour la chapelle du château de Versailles, qui lui vaut une pension et un logement au Louvre ; Adam et Ève ; un Portrait de Philippe d'Orléans (château de Versailles).

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